[NO] Méfiez-vous. Correctement j'entends.

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[NO] Méfiez-vous. Correctement j'entends.

Message  Hell le Lun 4 Juil - 23:18

No...
Ou autre chose, d'ailleurs.


Si je ne souhaite songer qu'à moi au moment où j'écris ces lignes, je suppose que tout le monde m'imagine en train de dormir.

S'ils savaient, ô combien il m'est délicat de dormir. Car je suis vif d'esprit, premièrement. Trouver la sérénité est un dur labeur pour moi. Ainsi, ce même esprit que celui qui ne trouve jamais la paix vagabonde aisément. Il y a des choses maintes et maintes fois ressassées. Pardonnées, pourtant. Mais qui laissent une trace pouvant changer une personnalité entière.

Se sentir bafoué et trahit, c'est comme se sentir définitivement SDF. Ne plus avoir d'attache. Voyez-vous, si la personne qui vous inflige cela est la raison de votre vie, et si on la compare à la vie même, un SDF en voudrait-il à la vie de l'avoir mis à la rue ? Tout de même pas. Il la combattra, la vie. Moi, je ne souhaite pas combattre. Cela ne rimerait à rien.

Depuis que je fus jeté dans les ruelles, une maison s'est reconstruite et m'a accueillie. J'y vis bien. Si bien. Toutefois mes jours ne sont fait que d'une méfiance abusive, dont je ne connais que trop mal la ténacité. Savez-vous jauger votre méfiance ? Non. Il n'est pas un de ces sentiments mesurables.

Il est primitif. Il est essentiel. Le sentiment de méfiance est un poids comparable à la coquille de l'escargot. Il ne peut s'en défaire.

Cependant, j'ai de soustrait à l'escargot le fait que je ne comprenne pas que l'on puisse se méfier de moi.

Je ne suis nullement mauvais. D'aucune manière. Sauf si l'on me pousse à l'être, ce qui soyez en certains, demande une dose d'infamie dépassant l'entendement.

Je me méfie, donc, et je suis navré que l'on se méfie de moi.


C'est le propre du sentimental traumatisé. Du romantique fidèle. Si je devais citer une phrase qu'un grand auteur n'a encore jamais écrite, je dirais "Je ne pourrais vous tromper, car je suis trop bon pour vous infliger la douleur que j'ai connue".


Qui se prétendrait aussi fort que la vie, après tout, pour oser vous jeter à la rue.
Les inconscients ?

Pardonnons leur. Oh, tous ceux qui vous ont trompé furent inconscients.
Certains le demeurent. Certains ont appris à ne plus l'être. Certains, ces grandes ordures passées, formidables maintenant et doux futurs héros, apprennent actuellement à ne plus l'être.

Que valent donc vos principes, si vous êtes inconscients. Inconscients je dis bien, au point de ne pas vous poser la question qui débute cette phrase.

Soyez conscients. Laissez la surprenante mais non moins logique pensée que ce qui se tient en face de vous est fait de la même sorte que vous. Essayez donc. Supposez un instant que cette chose soit vivante et humaine, comme vous.
Soyez conscients. Vos mots, vos actes, tout comme les siens, sont ceux de l'Homme. Vous n'êtes pas seul.

Soyez conscients.
Soyez respectables.

Pardonner est un don formidable. Que seul les plus nobles possèdent.
Car il est ma foi fort noble de pardonner aux coupables qui souvent eux-mêmes dans votre position, s'envoleraient en vous qualifiant de la pire des manières.


Gloire à ceux qui pardonnent.
Gloire à ceux qui s'excusent.


Mais la palme revient à ceux qui évitent d'avoir à le faire.

Car ils vous tiennent au chaud dans votre foyer. Et vous autorisent le sommeil. Ils vous permettent de ne subir aucun choc traumatique, tout comme ils s'évitent la désagréable sensation d'être le responsable des pires souvenirs qui vous traversent.

Parfois, encore, je me sens ridiculement seul, perdu dans la rue. Malgré le fait que je possède le plus doux des foyers.
Je suis amoureux. Je me méfie. Je n'aime pas avoir à le faire et cette impureté, je m'en sens responsable. J'ai su pardonner. Je n'ai pas su lui empêcher d'avoir à le faire.
Je ne lui en veux nullement. Pour autant parfois, lorsque j'erre seul dehors, comme si souvent depuis, je me demande ce que cela lui fait, d'être si facilement pardonnée. J'ai si souvent mis en garde, si souvent donné de ma personne pour que les méfaits de ce monde n'atteignent pas les rares qui trouvent une place dans mon estime. Ne m'en voulez pas de vouloir être seul. Comme un parfait inconnu. Comme une pierre qui dévale les pentes.


Il y a toujours deux versions dans la vie.

Une que l'on comprend mal.

Once upon a time you dressed so fine, you threw the bums a dime in your prime, didn't you ? People'd call, say, "Beware doll, you're bound to fall". You thought they were all kiddin' you. You used to laugh about everybody that was hangin' out.
Now you don't talk so loud ; Now you don't seem so proud about having to be scrounging for your next meal.

How does it feel,
To be without a home ?
Like a complete unknown.
Like a rolling stone ?


Et une que l'on comprend, espérons le, bien.

Il fut un temps où tu étais si bien habillée. Tu jetais une pièce aux clochards du temps de ta splendeur, n'est ce pas ? Des gens venaient, te demandaient de faire attention, car tu es condamnée à tomber un jour.
Tu pensais qu'ils étaient tous en train de se jouer de toi. Tu avais pour habitude de te moquer. Maintenant tu ne sembles plus aussi fière, face au devoir de mendier pour ton prochain repas.


Que ressent-on
Quand on est à la rue
Comme un complet inconnu,
Comme une pierre qui roule ?


Je ne te le laisserai jamais voir. Jamais tu ne sauras ce que l'on ressent en pareil cas. Tu possèdes ce foyer que nous avons construit. Laisse moi me méfier, et prouve moi que je ne devrais pas. Mais ne te méfie pas, car je ne sais que trop bien à quel point la rue est hostile quand on a connu un tel bien être qu'il appartient au sacrilège d'oser abîmer.

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